Alain Graillot

Alain Graillot, parisien d’origine, s’était reconverti dans le vin au milieu des années 1980 et repris, à 41 ans, une propriété de 18 hectares située dans l’appellation Crozes-Hermitage, sur le plateau des Châssis et dont les vignes étaient en bon état, non polluées par des produits chimiques. Sa particularité ? Se former sur le tas grâce aux conseils d’amis vignerons rhodaniens et bourguignons.

Situé à Pont-de-l’Isère, au sud de Tain l’Hermitage, le vignoble comprend aujourd’hui 19 hectares de syrah pour les rouges et trois hectares de marsanne (80%) et de roussanne (20%) pour les blancs. Majoritairement cultivés en plaine, ces plants âgés en moyenne de 45 ans puisent leurs lettres de noblesse dans des sols pétris d’alluvions du fleuve et de son affluent, l’Isère, enrichis de petits cailloux et de silice. La faible proportion de terre et les nombreux cailloux ronds définissent ce sol peu filtrant.

De leur côté, les fils Maxime et Antoine poursuivent les pratiques du père. Un bon sens paysan est privilégié à travers des labours légers à la charrue qui assurent un enracinement profond, une absence d’herbicides, de pesticides et d’insecticides, des faibles rendements grâce à une taille courte, des fumures légères ainsi que des vendanges manuelles.

Au chai, qui se situe donc au centre du vignoble, les baies sont généralement vinifiées non égrappées. Une macération à froid permet d’extraire à la fois couleur et délicatesse des notes fruitées sans retenir trop de tanins. Les cuvaisons sont longues et les élevages essentiellement effectués en fûts de chêne bourguignons.